Dans ma Pile de Livres à Lire

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Après avoir entendu plusieurs critiques, je n’ai pas résisté! Un billet à venir une fois lu.

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La dernière sélection reçue dans le cadre du Grand prix des lectrices de Elle. Je viens de terminer le policier et je commence le livre d’Isabelle Carré.

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Envoyé par les éditions Séguier, une perspective de lecture qui me réjouit, à voir si cela se confirmera à la lecture.

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J’ai terriblement regretté de ne pas vivre à Paris pur assister en fin d’année dernière à la représentation de la dernière pièce de Wajdi Mouawad. J’espère avoir une date dans la région qui sait… en attendant je prévois de lire la pièce!

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Auteure invitée par le Grand R, la scène nationale de la ville où je réside, poétesse traductrice de Jacques Roubaud, auteur que j’étudie avec mes élèves… Une alchimie, un hasard que je ne pouvais ignorer, découverte à venir.

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Aimé et conseillé par une amie, je pense y aller les yeux fermés.

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Easy

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Plusieurs soirs durant cette série américaine signée par Joe Swanberg datant de 2016 fut notre petit plaisir au rythme de deux ou trois par soirée. Un format court, moins de 30′ pour cette plongée au cœur de Chicago et de quelques uns de ses habitants.

Ils sont jeunes, bavards, plutôt cultivés, ouverts d’esprit et évoluant dans des milieux aisés et artistiques. Il y est question de mariage libre, véganisme, homosexualité, triolisme, entreprenariat, désirs, solitude, engagement ou encore art pour ne citer que ces thèmes. Chaque épisode nous plonge in medias res dans le quotidien d’un ou plusieurs personnages et c’est principalement à travers leurs échanges à bâtons rompus accoudés à un bar, sur l’oreiller ou dans une cuisine par exemple que l’intrigue se dévoile, se joue quelques minutes sous nos yeux pour s’arrêter sans forcément proposer de résolution. Nous accompagnons ces tranches de vies principalement à l’occasion de décisions importantes mais aussi dans leur quotidien éclairant un instant des enjeux propres à tout un chacun dans la vie et dans son interaction avec les autres.

Plusieurs personnages reviennent dans différents épisodes proposant alors une toile qui peut déplaire tant alors on ressent que l’on est dans un microcosme au sein de cette grande ville qu’est Chicago. Pour ma part cela a ajouté au plaisir, celui d’être transportée dans un univers certes privilégié et fortement culturel, un univers où les personnages ont, malgré le court format et grâce à l’approche naturaliste et leur parole au débit souvent saccadé qui n’est pas sans me rappeler mes premiers Woody Allen, le temps de se construire et de prendre cette épaisseur qui fait à mes yeux de cette série une réussite!

Nous avons, mon amoureux et moi, regardé les deux premières saisons et attendons, espérons une troisième.

En cliquant ici un article complet paru dans Télérama en 2016.

Easy de Joe Swanberg, série Netflix.

Et soudain la liberté

et soudain la liberté

Ecrire…

Si je m’attachais à réellement faire une critique formelle de ce roman, je lui trouverais plusieurs défauts à commencer par la classification de roman. Mais j’ai pris un tel plaisir de lecture que je préfère retenir ce qui a provoqué ce plaisir. Plaisir donc de la romance de cette vie, quatre mains puis seule, une vie haute en drames, plaisirs et rencontres se tissent sous nos yeux. Cette vie qui n’évoque pas la sœur et pourtant à la lecture je me suis souvenue de passages du film Le Bal du gouverneur de Marie-France Pisier, la fameuse sœur, retrouvant bien au fil des pages une certaine atmosphère et surtout le portrait de la mère.

Toutefois si j’ai apprécié suivre l’héroïne, ce n’est pas ce qui restera de ma lecture, j’ai en effet tout autant si ce n’est encore davantage aimé les chapitres consacrés aux questionnements de sa co-auteur et éditrice Caroline Laurent. Certes parfois cette dernière reste en surface dans les liens qu’elle tisse mais là encore n’est pas la question, j’ai aimé suivre une écriture en cours, être invitée entre les lignes dans une histoire parallèle.

 

De l’ardeur de Justine Augier

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Documenté et humain.

De l’ardeur est de ces livres dont je percevais la force et l’importance tout en sachant que je passais à côté de son essence même celle de cette silhouette blonde, fragile et si forte au sein de la complexité du monde contre lequel elle se bat, celle de cette rencontre entre deux femmes.

De l’ardeur est de ces livres que je veux reprendre dans quelques temps et le relire moins dans l’urgence afin d’en saisir davantage les enjeux et être moins happée par l’admiration de Justine Augier pour Razan Zaitouneb car ce document, et c’est palpable, est bien plus et d’ailleurs n’est pas une histoire d’admiration.

Ainsi, même si je pense être trop souvent passée à côté et en être l’entière responsable car intimidée par l’aspect géopolitique, je sais que ce livre est nécessaire.

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson

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« La tragédie ne se vit pas dans le moment mais dans le souvenir. »

Plongée dans un quartier, Brooklyn, une époque, les années soixante dix au cœur d’un chœur d’adolescentes et plus particulièrement le cœur d’August arrivée à huit ans qui égrène ses souvenirs, des souvenirs très sombres dans une approche fragmentaire comme autant de flash rempli de poésie.

August prend en charge le récit. On commence à ses côtés âgée de huit ans observant avec son jeune frère les rues de Brooklyn derrière une fenêtre à peine entre-ouverte, elle a tout juste quitté un monde, dans le Tennessee laissant derrière elle sa mère et un oncle pour échouer dans un tout petit appartement au seuil de la pauvreté et observe alors ce nouvel environnement. Elle l’apprivoisera avec Gigi, Sylvia et Augusta, amies qui seront inséparables et verront leurs corps se métamorphoser, les prédateurs se manifester davantage. Elle verra son père et son frère se convertir à l’Islam, les blancs quitter son quartier alors même qu’ils n’en étaient pas chassés, les uns et les autres se démener pour vivre, survivre aussi.

Jacqueline Woodson offre avec Un autre Brooklyn un roman où la poésie et l’approche fragmentaire, par touches des souvenirs côtoie à merveille une réalité sociale aux accents souvent durs, très durs et à l’ancrage précis tant dans les sons, les modes vestimentaires que les touches d’actualité. Un cadre qui donne à ce récit une dimension réaliste que la narration et l’écriture contrebalancent souvent donnant à ces 161 pages une dimension presqu’onirique.

Je l’ai lu rapidement, trop je pense et envisage le reprendre comme une histoire déjà connue certes mais dont les intonations et intentions veulent de nouveau se faire entendre. Il y avait dans ma lecture cette urgence que j’ai ressenti dans l’écriture, une urgence travaillée pour donner vie à la fragilité et la subjectivité des souvenirs. Une urgence qui sied à la perfection à ce groupe d’amies que l’on accompagne de huit à seize ans, chaussées de babies ou baskets à perchées sur les chaussures plateforme, avant de suivre dans un sommaire d’une efficacité redoutable la narratrice seule. Je n’ai cessé de corner les pages, souligner les passages qui me marquaient particulièrement par leur justesse, leur style, leur efficacité, leur musicalité, un ensemble de tout ça aussi! Petit « florilège » ci-dessous.

J’ai entendu des associations avec Spike Lee, Vivian Gornick entre autres… et oui je les ai entendues ces voix de ce New York dans ces quelques pages dont la force n’est que plus forte! J’y ai vu aussi les sœurs de Mustang, le désir de vivre et la joie qui heurte de plein fouet la réalité encore et toujours.

« Qui comprendrait qu’être embrassée par un adolescent est à la fois terrifiant et le rêve absolu? Uniquement tes amies, les meilleures, ai-je pensé. »

« Écoutant le père de Sylvia, toutefois, je redressais le dos, relevais le menton. Je veux étudier le droit comme vous, avais-je envie de répondre. je veux la vérité, avais-je envie de répondre. Une vérité absolue ou, à défaut, un sens – un sens à tout. Mais l’ourlet de mon patte d’eph s’effrangeait. Dans cette maison où il fallait se déchausser, mes socquettes étaient trouées au talon. L’hiver, à cause de ma distraction, mes mains et bras étaient souvent crasseux. Comment pouvais-je ne serait-ce qu’avoir des aspirations alors que j’évoluais ainsi dans le monde? Le regard de la mère de Sylvia ne cessait de nous le rappeler : « Ne rêvez pas. Les rêves ne sont pas faits pour des gens de votre espèce. » »

« Nous avons tourné le dos à la porte de Sylvia. Au coin de la rue, nous nous sommes dit au revoir, chacune abîmée dans un silence plombé, gagnées par la honte de notre peau, de nos cheveux, de notre façon de prononcer nos noms. Quand nous nous regardions, nous voyions ce qu’il voyait. Alors, nous fuyant du regard, nous sommes rentrées chez nous. »

« Nous avons eu treize ans. Où que nous soyons, mains et langues semblaient proliférer. Où que nos seins en bourgeon et cuisses qui s’allongeaient se déplacent, yeux doux et lèvres humectées se multipliaient. »

« Dans la semi-obscurité, j’ai vu le toit, la mère d’Angela recroquevillée en position fœtale pour lutter contre le froid. j’ai vu l’eau. j’ai vu Angela s’effondrer sur le sol enneigé. J’ai vu mon père dire adieu et embrasser ma mère […] J’ai ouvert la bouche pour parler. L’ai refermée. Et suis restée ainsi longtemps, très longtemps. »

« A quinze ans, on ne peut se promettre que les choses redeviendront comme avant. Nos yeux ont grandi et nous racontent une autre histoire, plus vraie. »

« Et quand l’une de nous appuyait sa tête sur le cœur d’une autre, comment n’avions nous pas entendu chanter Carmen McRae? Dans les poings serrés d’Angela, Billie Holiday avait trébuché devant nous et nous ne connaissions pas son nom. Nina Simone nous avait complimenté sur notre beauté et nous n’avions pas entendu sa voix. »

Vous l’aurez compris, encore un livre que j’ai aimé, que je vous recommande vivement. En écrivant ces lignes je me demande si je suis ce que l’on pourrait appeler une « bonne lectrice » à l’instar du « bon public »? Est-ce que mon amour des livres me porte toujours à trouver des qualités? Ou tout simplement est-ce que je tisse des liens d’une lecture à l’autre et reste dans des sphères, même si très diverses ont suffisamment de connivence pour me correspondre ? Je pense aussi que j’écris principalement ici sur les lectures qui m’ont marquée positivement passant sous silence celles qui passent discrètement et font plus office de divertissement pur et oubliant celles qui me fâchent.

Débâcle de Lize Spit

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Un été au vitriol…

Débâcle, c’est trois dimensions temporelles, 2015, l’été 2002, différents moments antérieurs à cet été, c’est une narratrice, un village et ses habitants, c’est enfin et surtout une figure de l’adolescence au sein d’une famille dysfonctionnelle, une adolescente qui avide d’amitié, de conserver ses repères va vivre un été traumatique.

« 9H00. L’invitation est arrivée il y a trois semaines, affranchie à l’excès. » C’est ainsi, par cette première phrase que Lize Spit nous invite à son tour. Une invitation à suivre sa narratrice, Eva âgée de vingt six ans, professeure d’Arts Plastiques à Bruxelles, une invitation qui alors nous entraîne chapitre après chapitre aux côtés d’Eva dans cette journée de fin d’année 2015, heure après heure, une journée ponctuée de souvenirs puisant dans son enfance mais plus particulièrement dans l’enchaînement de faits déroulés au cours de l’été 2002, celui du basculement. Eva se rappelle alors son amitié avec Pim, le fils des fermiers et Laurens le fils des charcutiers dans son petit village flamand, Bovenmeer. Une amitié sous le signe des mousquetaires, inséparables, uniques enfants alors nés en 1988. L’adolescence va fragiliser l’alchimie et lors de cet été caniculaire, Eva sera l’arbitre d’un stratagème mis en place par les deux garçon pour faire se déshabiller le plus de filles possibles! Elle accepte afin de rester dans la « bande », elle sera à jamais marquée.

Premier roman de Liz Spit, enseignante et aguerri à l’écriture de scénarios, la phrase est incisive, le verbe sans concession et d’une incroyable justesse. Justesse dans la parole d’Eva et plus particulièrement l’Eva adolescente. Elle nous entraîne dans ses doutes et ses peurs. Le poids du regard sur elle et les événements qui façonnent dans cette période où tout est mis à nu.

La journée, annoncée décisive commence à 9h00 et seule la fin à 20h00 nous permettra de savoir ce qui a motivé la narratrice à retourner sur les lieux de son enfance. Entre temps, le flux des souvenirs nourrit le lecteur qui découvre alors une famille dysfonctionnelle, un village sclérosant et ce regard porté sur cet entourage. Regard parfois incompréhensible tant il est ancré dans une logique d’adolescent, regard souvent vif qui toutefois n’éclot pas brimé par le poids des autres regards, des règles et de la métamorphose qui ici handicape, questionne. Un regard enfin qui donne aux choses un aspect à la fois poétique, cruel et maladroitement tendre.

« 19 juillet 2002. A part Tessie, il n’y a personne à la maison. Papa est parti travailler, Jolan a encore disparu dans les champs et il ne reste de maman que ce qu’elle ne peut pas effacer à coups de somnifères. Les arbres du jardin sont immobiles, mais dans l’ouverture de la porte coulissante, les lanières multicolores censées faire barrière aux mouches remuent. Quelqu’un a dû leur dire de continuer à danser, qu’il vente ou non. » (p.153)

J’ai choisi ce livre pour la première de couverture qui m’est apparue paradoxale et annonciatrice, pour la découverte d’un auteur, un premier roman. Je le referme avec ce sentiment d’avoir fait une rencontre et vécu aux cotés d’un personnage, un vrai.

Dans les angles morts

dans les angles morts

Sortir des sentiers battus…

Dès la quatrième de couverture, le roman d’Elizabeth Brundage nous propose de regarder les choses sous un angle différent et c’est ainsi que je suis entrée dans ce roman, avec un sourire entendu et beaucoup d’attentes. Un cocktail délicat tant il peut influer sur ma lecture, allais-je aimer l’aventure qui s’annonçait au fil des pages ou est-ce que le service com de la maison d’édition promettait une expérience qui ne se confirmerait pas à la lecture et serais-je déçue ?

512 pages dévorées plus tard, je n’ai pas perdu mon sourire, mes attentes ont été comblées et j’ai découvert un auteur.

Dans les angles morts débute au cœur de l’hiver enneigé du nord de l’état de New-York dans les confins d’une petite ville Chosen, et plus précisément au premier étage d’une ferme, la ferme des Hale. George Clare, universitaire, trouve sa femme Catherine assassinée alors que leur fille de trois ans est vivante et seule dans sa chambre. Un crime dans un lieu qui quelques mois auparavant avait déjà été le témoin d’un double suicide, les parents Hale acculés par les dettes. Un crime, une entrée in media res, qui dès le départ interpelle et va hanter les lieux. Dès lors, l’auteur nous entraîne dans l’intimité de la famille Hale, les anciens propriétaires de la ferme, dans celle du couple de George et Catherine et ce de New-York à Chosen. Se dessinent petit à petit les caractères des uns et des autres, les trois frères Hale orphelins, la jeune et torturée Willis, le shérif et sa femme agent immobilier, les voisins et collègues universitaires. Un petit monde où les intrigues des uns et des autres se mêlent et dévoilent les confins de la nature humaine.

Jouer avec les différents codes ceux du thriller, du roman choral, de la tragédie même voilà ce que j’ai perçu et vraiment apprécié tout au long de ma lecture. Un jeu tout en fluidité. Les personnages trouvent tous leur place avec une justesse et une véracité confondantes. Ils se dévoilent à travers leurs flux de pensées pudiquement pour certains, frontalement pour d’autres ou uniquement dans leurs actions. Une richesse donc d’approches, gageure ultime selon moi d’une qualité d’écriture ! La maison d’ailleurs compte au nombre des protagonistes ! L’ordre narratif, riche, n’est jamais gratuit, guidé par des parties toutes composées de plusieurs chapitres aux titres évocateurs et j’oserai même écrire prometteurs ! Les allers-retours dans la chronologie annoncent, construisent et mènent assurément implacablement vers le dévoilement. On le sait, on a compris, il ne s’agit pas ici de dévoilement quant à la responsabilité, de trouver le meurtrier mais bien plus, de dévoilement quant aux interactions, à ce qui permet, explique les parcours des personnages, avec, malgré et contre. C’est ainsi que tout une communauté se trouve impliquée. Enfin j’évoquais la dimension tragique. Formellement le roman est composé de cinq parties et c’est déjà en soi pour moi un clin d’œil à la tragédie classique. Dimension tragique aussi par le contenu, par son traitement, on sait et les 512 pages sont non pas la révélation mais le dévoilement, celui des rouages. Conquise aussi par la richesse des références, subtiles, qui selon le parcours de lecteur, les affinités de chacun apparaîtront aux détours d’un chapitre, d’une page ! Enfin ce roman rejoint la famille des lectures qui réussissent à rendre palpable une odeur, un lieu, un événement parfois aussi.

« Chaque maison racontait une histoire. Mary avait appris à connaître les gens en observant leur façon de vivre. On percevait leur nature dans des lits défaits, des cuisines en désordre. Leurs faiblesses, dans des caves sombres où s’entassaient chauffe-eau rouillés et réservoirs de chasse d’eau, chaudières en panne, cuvettes de toilettes noircies et éviers crasseux. On voyait leur désespoir dans les arrière-cours encombrées de carcasses de voitures, attendant d’être embarquées à la casse. Ce qu’ils conservaient en disait long sur eux, les objets qu’ils exhibaient sur leurs étagères. On savait ce qui avait de l’importance ou pas. Ces objets parlaient de leurs besoins, de leurs peurs, des épreuves qu’ils avaient traversées. Ca allait bien au-delà de la vente de maisons. Mary était une confidente, une gardienne de secrets, une pourvoyeuse de rêves. » (p.120)

 

Prochain billet, probablement…

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Revenir sur le bout des pieds

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J’ai délaissé cet espace alors que les lectures ne cessent de m’accompagner et les découvertes, bonnes ou mauvaises, de s’enchaîner. Il est temps de reprendre le chemin de l’écriture et du partage.

Pour cela fouiller dans les notes éparses, les pages cornées, les photos plus ou moins archivées. Choisir le livre qui fera l’objet de mon prochain billet, hésiter, encore au moment où j’écris ces lignes mais trancher tout de même, ce sera une lecture coup de cœur, les retrouvailles se doivent d’être à la hauteur et susciter le désir.

En attendant… ces derniers temps, également, la bibliothèque du salon a eu sa première extension!

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bib

Prochain billet? Probablement.

 

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Ces femmes russes…

la tête et le cou

Une plongée en Russie qui me laissa de marbre.

Quel dommage alors que ce documentaire de par son thème et sa quatrième de couverture était rempli de promesses ! Sensible à la littérature russe et inconditionnelle de « l’âme slave », je n’ai pas trouvé de dimension un tant soit peu littéraire au travers des pages. Quant à « l’âme slave » celle-ci a fini par sa redondance à se vêtir d’un manteau bien épais de superficialité.

Certains témoignages ont su me toucher certes mais il s’agit des premiers ayant pour eux l’attrait de la découverte et ma patience de lectrice encore intacte. Rapidement, au fil de ma lecture, j’ai régulièrement eu le sentiment de relire la même chose, la même condamnation des hommes, l’ultra féminité russe et cet espace clos dans lequel évoluent les enfants et les futurs hommes russes. J’ai appris certaines choses mais toujours dès les premiers portraits ensuite ce n’était que confirmations, répétitions. Enfin je m’interroge encore sur le choix de la langue qui semble être celui de conserver une fidélité à la parole des ces femmes dans la traduction proposée. La langue, l’absence d’épaisseur m’a éloignée encore davantage du projet de l’auteur.

Je suis sortie déçue de ma lecture et seules l’idée et la postface trouvent une certaine grâce à mes yeux.

Le diable en personne de Peter Farris

Le diable en personne

Virée infernale et sans concession dans une Amérique suffocante et sauvage.

Éreintée, secouée et satisfaite. C’est ainsi que je suis sortie des 266 pages de ce polar au rythme haletant et à l’atmosphère moite et dangereuse. L’aventure débute par un meurtre commandité, se poursuit avec une rencontre improbable tout en pudeur et vraisemblance avec comme toile de fond des personnages tous plus faillibles les uns que les autres, avec un degré d’égoïsme, d’inculture, de machiavélisme plus ou moins poussé.

Une sacrée atmosphère qui ne cessait de faire écho à celle que l’on peut trouver dans les polars de Lansdale ou dans le Paper Boy de Pete Dexter. Le rythme de l’intrigue laisse place avec justesse à des moments de pause permettant alors d’apporter de l’épaisseur, une vraie texture aux personnages, à leurs parcours respectifs. Un polar, où l’espace – incroyables et nécessaires descriptions des lieux permettant de sentir et ressentir les instants – et ses habitants ne sont pas dissociables, où une Amérique profonde est passée au scanner de la plume acérée de Peter Farris.