à la page 74 de comme neige.

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Lecture vue sur IG, j’étais curieuse d’en savoir davantage et j’ai été happée par cette enquête autour du livre, sur l’objet livre et ses auteurs où fiction et une certaine réalité se mêlent le tout dans une écriture qui se lie et se délie avec une certaine grâce. Un roman qui joue avec son lecteur.

Hier, en parcourant des blogs consacrés à la culture, j’ai retenu l’idée d’un article intitulé « les premières pages » – à ce propos je ne sais plus à qui revient la paternité ou maternité de cet article alors si la personne se reconnaît il ne faudra pas hésiter à se manifester… Pour revenir à cette approche « premières pages », j’en aime la perspective, proposer uniquement les premières lignes, les premières pages et laisser alors le choix aux uns et aux autres d’aller plus loin uniquement par la force, l’affinité avec les mots, l’intrigue qui se dessine ou l’esquisse d’un personnage qui ne laisse pas indifférent.

Aujourd’hui j’ai choisi d’intituler mon article « à la page 74 » et deux raisons motivent cette décision. La première et non des moindres, face à la « mystification » (et j’emprunte ce terme à l’IG qui m’a permis la découverte du livre) je trouvais trop évident de rentrer dans le livre par les premières pages. La seconde, à savoir précisément le pourquoi de la page 74, tout simplement parce que c’est ce qui s’est imprimé sur ma pupille quelques micro-secondes avant que je ne m’assoupisse éreintée par une séance d’ostéopathie et si signe il doit y avoir à l’instar du livre que j’avais dans les mains alors je dirai qu’il y a là deux chiffres de mon année de naissance. Ainsi est née la rubrique « à la page 74 ». Je vais ouvrir le livre afin d’en recopier les lignes et découvrir alors ce dont il est question, quel insoutenable suspense !

« […] commercial, qui s’en foutait comme de l’an quarante du dictionnaire, mais avait senti une brèche. Les bambins curieux collaient leur mère, moi je fulminais contre Suzanne qui non seulement avait ouvert mais en plus avait laissé le type entrer chez nous, s’asseoir à notre table devant les restes de notre dîner, et nous vanter les privilèges de posséder (donc d’acheter dès ce soir) les dix volumes du Grand Robert. je m’étais bien fait avoir : à la question « Monsieur, dans quelle branche travaillez-vous? », j’avais répondu l’imprimerie, et le sale type m’avait flatté, expliqué que pour quelqu’un qui travaillait dans l’imprimerie, pour les types curieux et passionnés comme moi – il le flairait -, oui, pour un homme tel que moi, il y avait un sens à parapher le contrat de vente du Grand Robert en dix volumes, oui, là en bas à droite, et une petite signature sur la dernière page, en vous remerciant. Je m’en étais tiré en mettant ça sur le compte des enfants, en expliquant à Suzanne que, tout bien réfléchi, elle avait raison, ce serait bien pour eux et que c’était sans doute ça, une famille parfaite : un père, une mère, deux enfants et le Grand Robert en dix volumes. J’avais pontifié en ajoutant qu’ils pourraient le consulter au moment de leurs premières dissertations, que, face à tout problème, ils s’en remettraient à la source de toute chose, le dictionnaire! Puis, il y eut Internet, Robert était toujours dans le salon, mais les enfants, malgré mes protestations, préféraient taper les mots dont ils cherchaient la signification dans une case blanche – et moi, aujourd’hui, j’en faisais autant.

« Hapax : désigne généralement un mot qui n’a qu’une seule occurrence dans la littérature. » Puis, plus loin : « Par extension, peut s’appliquer à une tournure, une expression originale, voire, au sens figuré, à une chose ou une situation. » » (page 74 éditions Buchet Chastel)

Vous savez quoi. Avant de m’assoupir sur cette page j’avais tapé sur mon téléphone qui était à portée de main le fameux mot « Hapax » mon Petit Robert (sisi j’en ai un pas les dix volumes) étant trop loin!

Comme neige, Colombe Boncenne, janvier 2016, éditions Buchet Chastel.

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2 réflexions sur “à la page 74 de comme neige.

  1. Nadège dit :

    C’est une belle idée ses lignes recopiées… j’avais commencé l' »aventure » des premières lignes, chaque dimanche, sur mon blog… et puis par manque de temps j’ai arrêté. Mais, j’aime vraiment l’idée.

    J'aime

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