Songe à la douceur de Clémentine Beauvais. Une petite pépite!

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Ma prof doc préférée m’en a parlé, me l’a prêté et pourtant j’ai mis un peu de temps avant de m’y plonger et ce weekend je me suis immergée dans la douceur et l’originalité de cette histoire d’amour. Une écriture qui prend du plaisir à écrire les mois et émois de ses protagonistes. Les mots sont mis en scène et nous entraînent dans une ritournelle entre hier et aujourd’hui. Une histoire d’amour en vers libres!

Tatiana a quatorze ans lorsqu’elle tombe éperdument amoureuse d’Eugène, dix-sept ans, le meilleur ami de Lensky lui-même le petit ami d’Olga la grande soeur de Tatiana. Ah dit comme ça on se croirait dans un remake des Feux de l’amour version 2016 pour adolescents. Que nenni! Une mort tragique et ils se quittent. Dix ans plus tard c’est la rame d’un métro qui servira de décors à leurs retrouvailles. Tatiana est thésarde en Arts spécialisée dans la peinture de Caillebotte, Eugène est consultant. Alors on est projeté entre passé et présent. L’amour, le désir, les scénarii probables et improbables se tissent et les émotions, toujours, sont au centre des pages, font danser les mots, bouger les phrases et paragraphes nous entraînant irrémédiablement, prenant part de manière physique à la petite musique qui nous est contée. Une musique où l’on délecte de l’amour de ces deux-là.

Une pépite, un ovni aussi! Difficile alors, rendue à l’instant où je laisse la place au livre,de sélectionner, tant d’extraits mériteraient de représenter mon instant de lecture. Ceux qui m’ont émue, ceux qui m’ont séduite par leur finesse, leur vérité, leur imaginaire charnel aussi!

« Eugène, ça fait longtemps! » s’exclama Tatiana, plutôt bonne actrice. Il vint s’asseoir à côté d’elle, un siège s’était justement libéré. Sur la vitre noire qui réfléchissait son visage, un front endormi avait imprimé un petit disque de graisse comme un tampon discret dans un carnet de voyage. » (page 8)

« Tatiana eut la vision de ces deux passions désamorcées, elle se vit et vit Eugène ensemble, tous deux gisant dans un salon américain, sur un sofa géant, en face d’une télé immense, à se caresser tristement, leurs rêves roulés en boule au fond d’une poche, se taisant, abattus, pour ne pas faire à l’autre le reproche d’une existence pas pleinement vécue… » (page 229)

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, éditions Sarbacane.

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